Dans le cadre de l’émission Entendez-vous l’éco ? du 17 octobre 2024 sur France Culture, André Orléan, économiste émérite et chercheur au CNRS,
Accessible et stimulant, cet entretien peut être exploité par les élèves pour élargir leur culture économique dans le traitement du chapitre de première « Qu’est-ce que la monnaie et comment est-elle créée ? »
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Le résumé de France Culture : L’économie à travers les « faits sociaux » Polytechnicien puis administrateur à l’INSEE, André Orléan revient sur ce qui a motivé sa curiosté en économie, à savoir les comportements des acteurs économique et leur insertion dans des trames sociales : « Ce qui m’a intéressé c’est de comprendre que le fait économique est un fait social et que donc, la partition des variables entre variables économiques et variables sociales n’est pas pertinente pour comprendre un grand nombre de situations. Autrement dit, il ne s’agit pas tant de la question du rapport de la rationalité à l’irrationalité. Je suis plutôt favorable à des modélisations et des compréhensions du monde social qui supposent que les agents sont rationnels au sens, non pas d’une hyper-rationalité calculatrice évidemment qui serait à rejeter, mais au sens où ils s’adaptent au mieux possible aux contraintes qu’ils observent. Il s’agit de comprendre que la prise en compte de ces contraintes n’est pas strictement limitée aux variables économiques. Le contexte social, et en particulier le rôle des croyances et des représentations ont des grands effets ».
Le désir mimétique, un levier des comportements économiques A partir de la pensée de l’anthropologue René Girard et ses travaux sur le désir, André Orléan met au jour un moteur des comportements économiques à savoir le mimétisme. Il explique : "René Girard est un grand penseur en général. Ce que j’ai trouvé personnellement intéressant dans le modèle girardien c’est de savoir comment un groupe d’individus en compétition peuvent arriver à créer une relation stable. Il dit que lorsqu’il y a des rivalités, un champ de conflictualité et que la manière dont se résolvent ces crises de conflictualité c’est par la polarisation de tout le groupe sur un même coupable, ce qu’il appelle le bouc émissaire, et en même temps, cet acharnement sur le coupable crée une nouvelle société, donc crée une société stable. Cette ambivalence, on la voit aussi dans la monnaie. La monnaie est à la fois celle qui permet le lien social et qui nous permet de vivre ensemble et même temps, elle est source de perpétuelles conflictualités sur elle. Donc, ce que j’ai trouvé, c’est un modèle qui permettait de comprendre comment une conflictualité pouvait conduire à un état stable - incarné dans la monnaie".