Pendant vos vacances, vous avez médité avec ardeur sur la complexité philosophique du vide. Malheureusement, les réunions de rentrée s’annoncent et vous sentez qu’il va être difficile de convaincre vos collègues de construire des projets pédagogiques autour de la puissance du néant… Pas de panique, ERSILIA vous offre la possibilité de replonger dans des sujets d’actualité brûlants grâce à des supports ludiques  !

Réflexions sur la biodiversité  ? Sur le transhumanisme  ? Éclatement des normes de genre et de sexualité  ? Inscrits dans des univers très variés, les mangas et les anime facilitent l’appréhension des évolutions politiques et sociales. Vous en doutez  ?

Avec la clé «  Le manga, toute une histoire  », ERSILIA multiplie les arguments pour vous convaincre  !

« J’ai fini, comme d’autres, dans un catalogue. Proposée à des producteurs d’anime et des éditeurs de manga. », Annlee

GhostH

image : Masamune Shirow, « The Ghost in the Shell », Tokyo, Kodansha, 1989-1991 (couverture de la réédition française chez Glénat, collection « Seinen », Paris, 2017) © Masamune Shirow, Kodansha Ltd

Lorsque Philippe Parreno ou Pierre Huyghe présentent Anywhere out of the world (2000) [N’importe où en dehors du monde] et Two Minutes out of Time [Deux minutes hors du temps] (2000), leur installation vidéo est accompagnée par une affiche. Réalisée par l’atelier-bureau M/M, elle est pensée dès l’origine du projet et se décline selon les artistes invités avec lesquels les deux graphistes du studio collaborent. Cette affiche fait clairement référence à l’univers du manga : son titre en capitales noires, No Ghost Just a Shell [Pas un fantôme juste une coquille], rappelle The Ghost in the Shell, célèbre saga futuriste du mangaka Masamune Shirow, publiée dès 1989 au Japon et en 1996 en France. De plus, le portrait d’Annlee, avec ses grands yeux tristes, est caractéristique de ces visages presque schématisés, où le peu de traits amplifie l’expression des émotions. En s’appropriant ce jeune personnage, Philippe Parreno et Pierre Huygues s’emparent d’un symbole de l’industrie culturelle, au-delà du champ de l’art. S’ils s’appuient sur le succès populaire du manga, au Japon comme en France, la récupération et le déplacement de cette figure juvénile leur permettent également de la sortir des stéréotypes et de l’ouvrir à de larges interprétations.

Le manga : une histoire riche

Le manga – bande dessinée japonaise – qui tire son nom d’un célèbre recueil de gravures sur bois du peintre Katsushika Hokusai (1760-1849), nait au début du XXe siècle. Comme il accompagne les évolutions politiques et sociales du Japon, ses univers sont très variés. Il peut être contestataire et proche du dessin de presse, patriotique, reprenant les codes du conte initiatique, de la littérature de science-fiction et d’anticipation, croquant les vies adolescente et adulescente…

Du dynamisme graphique au dessin animé

Après 1945, influencé notamment par les dessins animés de Walt Disney, Osamu Tezuka introduit l’expression du mouvement dans ses planches : ce dynamisme graphique séduit les lecteurs et devient la norme. Le mangaka anticipe également l’importance d’un nouveau moyen de diffusion pour ses histoires : la télévision. Comme Le Roi Léo (paru en 1950, adapté en 1965) ou Astro le petit Robot (paru en 1952, adapté en 1963), de plus en plus de bandes dessinées sont transposées en anime pour les télévisions japonaises puis internationales.

Voir en ligne : Ersilia