Traduction et interprétation

Christophe Bardyn IA-IPR de philosophie, académie de Rennes

Montaigne est un auteur familier. Du coup nous avons l’impression que sa lecture ne pose pas de problèmes particuliers. Pourtant, nous avons un indice clair que les choses ne sont pas si simples.

Très peu de textes de Montaigne sont donnés au baccalauréat. Sur les 25 dernières années, j’en ai recensé sept. Dans le même temps, nos élèves ont eu la joie de travailler sur plus de 80 textes de Kant. Ce n’est pas un hasard, et ce n’est pas le signe d’une mauvaise volonté de la part des concepteurs de sujets. Montaigne est un auteur difficile à lire, et donc à comprendre. De la même manière, en classe, peu de textes de Montaigne sont travaillés, en dehors des Cannibales… La proximité de la langue de Montaigne avec la nôtre est plutôt un obstacle, dans cette affaire. Car cela ne nous gêne pas de lire ou de faire lire aux élèves des traductions de Platon, de Locke ou de Kant. Mais que faire avec Montaigne ? Nous sommes quasiment dans l’obligation de le traduire pour le faire lire. Des traductions d’ensemble « en français moderne » ont donc vu le jour. Je m’appuierai ici sur celle d’André Lanly, Quarto, Gallimard, 2009. Pour le texte original, je prends l’édition d’André Tournon à l’Imprimerie Nationale (1998-2003).

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