Un projet de classes très fédérateur et riche en compétences

Plusieurs classes du collège Jean Moulin de Saint-Jacques de la Lande (35) ont relevé le défi lancé par leur professeure, Mme Cuny : participer, en période de confinement, à un projet collectif visant à traduire des émotions, à rendre compte d’expériences, de découvertes sous des formes variées.

Découvrez en PJ ces 12 pages de journal de confinement, une belle traduction du maintien des liens entre élèves et équipes pédagogiques en cette période délicate.

Présentation du projet par Mme Cuny, professeure de français

Les objectifs Le journal de confinement est en fait un journal de classes. Le contexte actuel l’a simplement rendu nécessaire. En tout premier lieu, il s’agit de recréer du lien, d’inventer et de réaliser un objet qui matérialise un collectif d’élèves et d’enseignants : on écrit pour partager ce que l’on vit, on se lit mutuellement, on affronte les distances imposées pour refaire groupe, pour refaire classe. Puis, la publication et la diffusion permettent de redonner du sens aux travaux effectués et aux apprentissages. La motivation renaît lorsqu’il y a une destination : les élèves, sachant qu’ils seront lus, s’efforcent de soigner leurs productions et accèdent à une authenticité que n’engage pas toujours le travail scolaire. Ils se trouvent dans une démarche d’expression qui leur permet de mettre en jeu des compétences tout en se constituant en tant que sujets : ils témoignent, posent un regard plus distancié sur la situation, partagent des intérêts propres, un imaginaire, des savoirs, s’affirment et jouissent d’une reconnaissance qui redonne confiance. Le journal est tout à la fois une occasion d’écrire et de lire. Il est souvent plus enthousiasmant de passer du temps à lire les camarades et les enseignants que de découvrir seul chez soi des textes d’auteurs. Pour les élèves les plus fragiles, les moins en confiance, la différence est considérable et peut permettre d’accéder justement à d’autres textes, l’objectif étant de garder un contact avec l’écrit.

La réalisation du journal Il s’agit de faire une place à des contenus très différents. L’idéal reste un journal qui permet d’accueillir des expériences dans toutes les disciplines enseignées. On peut aussi bien publier un texte (libre ou à contraintes, fictif, argumentatif, poétique, etc.) qu’une réalisation géométrique, une recherche documentaire, des productions artistiques, des découvertes scientifiques, techniques, historiques, des expériences personnelles, des témoignages, des critiques de livres, de films, des petits textes en langues vivantes, des mouvements ou des chorégraphies en EPS, etc. L’idée est d’imaginer le journal comme une ressource qui permet d’apprendre, de se distraire, d’éveiller sa curiosité, de s’ouvrir. Tout cela demande évidemment du temps car il faut présenter le projet aux élèves avec soin, les relancer régulièrement en incluant complètement le journal dans le travail scolaire, recueillir toutes les propositions, corriger les écrits et s’assurer que les auteurs souhaitent être publiés en leur demandant systématiquement leur autorisation. La distance ne permettant pas de réunir un comité de rédaction, il convient de publier toutes les propositions d’élèves, sans les choisir. Il reste possible de demander quelques améliorations ou d’accompagner pour certains contenus mais si l’élève n’a pas pu retoucher son travail, il doit être publié quand même dès lors qu’il en a émis le souhait. Il reste enfin à imaginer des rubriques et mettre en page. La mise en page peut d’ailleurs devenir réellement chronophage si l’enseignant se retrouve seul avec toute cette matière. Il existe des logiciels mais ils nécessitent souvent une formation.

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